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 [NARBONNAISE] La liberté, c'est d'obéir aux Dieux ...

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Frederik Graikòs

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MessageSujet: [NARBONNAISE] La liberté, c'est d'obéir aux Dieux ...   Ven 17 Sep - 20:07

[ KAELIG & FREDERIK ]


Des jours de marche sous une pluie glaciale ou le soleil bruit.
Des voyages en calèche quand les gens lui étaient sympathiques. Mal au dos, angoisse.
Des trajets en bateau quand son estomac tenait le coup. Nausée, nuit blanche.
Des nuits au cœur d’une vaste foret. Repos à la belle étoile. Bourses dérobées à des voyageurs qui dormait encore au petit matin.
Elle était loin la vie dans la demeure familiale. Ils étaient loin les moments d’insouciances. La solitaire, le froid, la faim étaient son quotidien.

Par la mer, sur un bateau de transport grec, la jeune femme était arrivée en Narbonnaise au sud du territoire. Elle avait quitté son doux pays aux nombreuses iles depuis quelques lunes déjà. Les dieux avaient guidé sa route jusque là et elle pouvait être fière d’être encore en vie.

Elle avait entendu parler durant son voyage en bateau de quelques affaires étranges comme des personnes qui revenaient à la vie. Rien n’avoir avec des créatures mort-vivantes. Elle prit ça pour des mythes, des légendes, des histoires de marins. Cela ne pouvait pas être vrai, jamais une chose pareille ne devrait exister. Cela pouvait bouleverser l’ordre des choses. Cela pouvait bouleverser les êtres qu’ils étaient.
La Gaule, un pays bien mystérieux mais à la fois fascinant à ses yeux. On pouvait y retrouver plus de peuple qu’en Grèce. Son histoire était riche, son passé cruel, mais son avenir à écrire encore. Elle le craignait autant qu’elle en était admirative. Mais ce qui s’y passait et ce qu’on en racontait l’intriguait. Si elle se trouvait des compagnons de route, peut-être pourra-t-elle avoir pour projet de s’y rendre ?

Mais pour l’heure, son bateau avait accosté dans une ville portuaire qu’elle ne connaissait pas mais dont la vie ne semblait pas manquer. Elle allait pouvoir y rester quelques jours et avec un petit travail mais bien récompensé elle pourrait ensuite continuer sa route. L’argent lui manquait trop et son estomac était trop souvent vide.
Ce jour là, apparemment, un marché avait lieu sur la place centrale de la petite ville. Il y avait du monde, assez pour se faufiler au milieu de la foule sans être importunée.

On ne pouvait pas dire que Frederik avait assez d’argent pour prendre plaisir à flâner le long des étales. Mais le peu qu’elle avait pu récolter, par des moyens divers, lui permettrait de se procurer enfin une véritable arme de défense.
Sa dague était pratique, mais elle ne suffisait pas et les derniers soucis qu’elle avait eu sur la route depuis son départ aurait pu mal finir si elle n’avait pas joué de quelques fourberies.
Elle pensait donc à un arc, qu’elle prendrait déjà tout fait, ce qui pourrait pourtant être hors de prix. Ou bien elle demanderait juste le bois et elle monterait le reste elle même. Mais ce n’était gagné au niveau du résultat. En effet, il y avait des risques à ce qu’elle se prenne la flèche en plein dans l’œil. En parlant de ça, elle voulait un arc, certes, mais elle ne s’en était jamais servie de toute sa vie. On lui parlait du soin d’une maison, de la cuisine, de couture, elle était sur de pouvoir faire des merveilles. Mais déjà qu’elle se battait encore assez gauchement, elle n’avait jamais tenu une autre arme qu’une dague. Mais il était hors de question de demander de l’aide. Elle ne voulait plus être jugée. Si elle avait choisi de vivre seule et de fuir sa vie ce n’était pas pour avoir quelqu’un sur le dos qui lui dicterait sa conduire. Elle allait donc devoir se débrouiller seule.

Il faisait encore doux pour la saison et le temps des pluies semblait encore loin et une cape légère recouvrait ses épaules. Marchant le long des étales et se faufilant tant bien que mal parmi les gens, elle s’arrêta devant un stand qui sembla l’attirer plus qu’un autre…
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Kaëlig EpineGrise

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MessageSujet: Re: [NARBONNAISE] La liberté, c'est d'obéir aux Dieux ...   Dim 19 Sep - 23:31

[HRP] Pas forcément super, mais c'est le temps de la mise en route [/HRP]

Nous sommes prisonniers du monde des Hommes, êtres faibles, imparfaits, folâtres, aux vies éphémères et pénibles. Et vous Dieux, qui vous disputez sur la vie de l'un et la mort de l'autre, qui aboyez au nom d'un Homme qui s'est démarqué par quelques faits extraordinaires, vous ressemblez à des chiots affamés...

~~~~~~~

Il était encore tôt ce matin lorsque Kaelig avait quitté son auberge pour venir, sac sur le dos et tapis sous le bras, s'installer au marché. Il faisait frais, elle n'avait pas forcément beaucoup de la nuit, et au contraire, avait laissé la bière couler à flot : un des avantages d'être druide. Je m'explique. En tant normal, une fois la limite physique passée, le lendemain matin est déjà tout analysé : gueule de bois. Mais lorsqu'on a une connaissance minimum des plantes et décoction, on a toujours de quoi rattraper un minimum les dégâts, du moment que l'on prévoit la veille. Alors bien-sûr, certains symptômes minimums ne s'en vont pas. Alors c'est avec une légère démarche de femme avinée qu'elle avait parcouru les cinq cent ou six cent mètres qui les séparaient de sa place habituelle.

Elle étala son étale de fortune au sol, et vida son sac, nonchalamment dessus. Elle fouilla dans cet amas d'objets et en sortit une petite boîte en fer, hermétique. Dedans se trouvaient des cendres chaudes, qu'elle nourrissait régulièrement de quelques feuilles. Comme une synchronisation parfaite ne se prévoit pas, le fils de l'aubergiste arriva, un petit fagot de bois sur l'épaule. Elle ne comptait pas travailler toute la journée aujourd'hui. Le temps s'annonçait clément et elle n'avait pas encore pris la peine de visiter les alentours pour refaire ses stocks d'herbes.

Elle sortit quelques pièces de sa poche, et lui en donna la moitié, un sourire amusé sur les lèvres. Il lui lança un regard énigmatique. Il y avait déjà plus que d'habitude. La réponse qu'il attendait vint rapidement, lorsqu'il remarqua qu'elle avait oublié le petit chaudron que ses parents lui prêter gracieusement. Il leva les yeux au ciel et repartit en courant en direction de l'auberge.

Kae sourit, enleva la ficelle qui tenait les quelques branches et les jeta un peu en arrière. Elle ouvrit sa boîte à cendre et la vida dessus. Le tout se ferait tout seul assez rapidement normalement.

Un peu dépitée, elle jeta un regard perplexe sur ce qui traînait à ses pieds. Le tout maintenant était de rendre la chose un minimum organisé, pour faire « professionnel ». Complètement découragée avant même d'avoir commencé cette entreprise colossale, elle opta pour une solution secondaire, tout remettre dans le sac. Une fois que ce fut fait, elle fut mécontente de la nudité totale, l'effet de dépérissement que cela fournissait, elle choisit de nouveau sa première idée... Ainsi de suite durant une bonne dizaine de minutes, avant que tout retourne à l'état initial, c'est à dire, un foutoir total.

Le gamin dont elle ne connaissait toujours pas le nom après trois jours revint enfin. Elle lui donna l'autre moitié de l'argent, et posa le petit chaudron sur le tas de bois crépitant. Dans un même élan, elle vida dedans une de ses gourdes. Il n'y avait là rien d'important. Juste un moyen de faire quelques préparations expresses lorsque le besoin s'en faisait sentir. Hier par exemple, elle avait dû préparé un baume à base d'achillée millefeuille, une plante aux vertus médicales multiples qu'elle utilisait dans la grande majorité des cas. Revers de la médaille ? On ne l'a trouvait qu'en Eurasie. Par chance, une seule fois seulement -et non pas pour cette raison- elle avait dû en acheter là-bas. Sinon vous trouviez toujours un marchand quelconque qui en avait en stock.

Très vite les premiers clients arrivèrent. La présence d'un druide dans un village ne passait pas inaperçue et elle ne souffrait pas d'une perte de clientèle. Après avoir répondu au besoin d'une mère de famille nombreuse, de deux vieillards qui allaient devoir revenir à la raison en se rendant compte que la potion de jouvence qu'elle venait de leur vendre n'était que du bouillon de poule -pas de chance de pour eux : demain, elle ne serait sûrement plus là !- et quelques autres clients tous aussi liables à la masse indifférenciée des interchangeables, elle s'ennuyait déjà. Il lui fallait trouver le client, la personne qui illuminerait sa journée, celle qui avait ce signe particulier qui la ferait sortir du groupe.

C'était peut-être le cas. Une jeune femme blonde, la trentaine, les traits du visage harmonieux, se tenait face à elle. Elle lui lança un regard énigmatique, mi-interrogatif mi plein de malice. Son visage plein de fatigue laissait entrevoir un long voyage. De surcroît, son air paumé du moment laissait comprendre qu'elle connaissait aussi bien ce lieu que Kae... Pas de bol.


« De quel pays nous vient-elle, quel est son nom, et en quoi puis-je l'aider ? »

Un léger sourire qui s'effaça tout aussi vite lorsqu'une gamine vient lui tirer le bras, se redessinant en rictus amusé lorsqu'elle lui chuchota quelque chose à l'oreille. Il lui faudrait peut-être partir avant demain en fait, apparemment, on remettait déjà en doute ses talents, et les plaintes montaient... Loin d'elle l'idée de mentir sur sa profession, mais il lui fallait bien trouver un moyen de faire du profit, et présenter en son étale des élixirs extraordinaires avaient été jusqu'à présent le meilleur.

Elle glissa un pendentif dans la main de la gamine qui s'en retourna vaquer à ses occupations après un grand merci. Les enfants étaient des espions parfaits. Personne ne se méfiait d'eux, ils entendaient tout et le livraient pour un rien.

~~~~~~~

… Je crois cauchemarder quand je pense que ma liberté dépend de votre bon vouloir.
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Frederik Graikòs

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MessageSujet: Re: [NARBONNAISE] La liberté, c'est d'obéir aux Dieux ...   Jeu 23 Sep - 0:15

Les bruits d’un bazar. Les marchands criaient les mérites de leurs produits. Une fraîcheur parfaite. Un produit dit unique. Tout était bon pour vendre. On pouvait leur accorder un certain mérite. On marchandait, on touchait, on testait. Le silence en ces lieux n’était pas tolérable. Les pièces qui tintaient et passaient de mains en mains. On percevait encore à peine le piétinement des pas des diverses personnes qui circulaient ce jour là.
Les parfums des étales. L’arome des épices plongeait irrémédiablement dans des plats avant même de les avoir préparé que l’on sache cuisiner ou non. L’encens que l’on mettait sur les autels des dieux enivraient les esprits comme si de par la fumée qui s’en propageait semblait montrer leur présence en ces lieux. Ils veillent et agissent sur le quotidien.

On ne s’inventait pas marchand.

L’étale que regardait Frederik n’était pas de première ordre. Pas de tréteau, pas de portant personnalisé. Juste un tapis de fortune qui indiquait implicitement qu’on pouvait négocier sans soucis les produits présentés. Plus l’étalage était imposant, rangé, plus il laissait entendre que les produits étaient coûteux voire douteux. Bien que cela puisse être douteux du coté des produits à même le sol pour des vendeurs aux airs miséreux.

Le attention de la jeune étrangère s’était tout d’abord posée sur une boite en fer. Son contenu ne l’intéressait pas, bien qu’elle se demandait si elle contenait quelque chose. Sa forme, son aspect, sa taille lui rappelaient les coffrets qu’elle avait du laisser derrière elle dans sa fuite de chez ses parents.
Parcourant le tapis et son contenu des yeux, elle regarda le petit chaudron chauffer sur un tas de bois crépitant. Etonnant de trouver ça par ici. Mais alors qu’elle relevait les yeux pour scruter le marchand, ici en l’occurrence la marchande et n’eut pas le temps de la détailler qu’elle l’interpellait déjà.

Son premier réflexe fut d’ouvrir la bouche et se présenter à elle comme l’étrange jeune femme lui demandait. Mais finalement elle ne dit rien. Pourquoi allait-elle se présenter à cette inconnue ? Elle avait quitté son pays mais elle n’était en rien hors la loi et à part les colères de son père pour sa fuite, il ne la condamnerait pas si elle décidait un jour de revenir auprès de lui. Mais elle ne voulait pas se risquer de voir ce qu’il ferait. Elle était partie, elle n’allait pas revenir en arrière.


« Est-il nécessaire de se présenter pour avoir le droit de poser les mátia sur vos proïónta ? »

Ses expressions la trahissaient sur son pays d’origine. Mais connaître un pays ne voulait pas dire que l’on retrouve l’origine exacte d’une personne. Elle avait l’accoutrement d’une personne qui voyageait beaucoup. On pouvait croire qu’elle avait un long séjour dans tel ou tel endroit. Mais vu son age, la suspicion n’était pas bien grande.
Elle avait eu de nombreux souci dans les premiers villages grecs qu’elle avait traversé avant de prendre la mer. Elle n’avait pas encore saisi pourquoi. Mais ses bonnes manières, ses questions, ses belles phrases et son vouvoiement laissaient entendre qu’elle venait d’une bonne famille. Et pourtant elle était à présent aussi pauvre que les blés.


« En parlant de proïónta, ce que vous avez là n’est pas commun. Que préparez-vous dans votre chaudron ? »

Troublée par le regard insistant, énigmatique, mi-interrogatif et mi plein de malice qu’avait la jeune brune face à elle, elle préféra porter son regard sur le dit chaudron. Elle ne connaissait pas les druides, il n’y en avait pas dans son pays et l’île de Mykonos était trop loin du continent pour être au fait des coutumes des différents peuples, surtout Gaulois. Ils avaient des Guérisseurs. Ses connaissances étaient limitées, mais elle si était attendue et ne demandait qu’à apprendre.
Mais une petite fille vint tirer le bras de la femme qui se tenait devant elle avant de lui chuchoter quelques paroles. Frederik regarda la scène sans rien dire, ne comprenant pas vraiment ce qui pouvait se passer…
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Kaëlig EpineGrise

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MessageSujet: Re: [NARBONNAISE] La liberté, c'est d'obéir aux Dieux ...   Dim 26 Sep - 23:14

En commerce, il y a comme un accord tacite entre le vendeur et l'acheteur. Le premier arnaque le second alors que celui-ci en à total connaissance. Ce n'était pas pour rien si chez les Grecs, Hermès, dieu du commerce, était aussi celui des nomades et des voleurs. De part son serment druidique, Kaelig ne pouvait être ni commerçante, ni scélérate. De toute façon, elle croyait autant en Hermès qu'en Toutatis... Comment peut-on croire en des êtres et des divinités indéfinissables et inidentifiables pour notre esprit ? Les herbes qui se mélangeaient dans l'eau bouillante, la douce odeur de la forêt, la chaleur du feu, tous ces éléments naturels, elle les connaissait, les vivait chaque jour, elle savait les vies qu'ils avaient sauvées, améliorées, revigorées, et elle ne comptait plus les nombreuses fois où ils avaient rempli joyeusement son assiette. Alors au Diable Hermès, Toutatis, et tous les autres !

« Une Grecque... Beau Pays. Étonnant. Un peu trop ancrée dans ses coutumes à mon goût, mais rien n'est parfait, n'est-ce pas ?»

Dire que la Grèce était ancrée dans ses coutumes était à son sens un bel euphémisme. Par trois fois, on l'avait chassée d'un village, la considérant comme une hérétique et lui offrant le traitement qui incombait. Elle n'était ni difficile ni embêtante, lorsqu'on ne voulait pas d'elle à un endroit, elle allait ailleurs. Peut-être est-ce une des raisons qui la pousse ou l'oblige à passer sa vie sur les routes.

Habillement, elle lui avait fait remarqué la non nécessitée de se présenter pour contempler une étale. Son bavardage sur la Grèce lui avait laisser le temps pour élaborer une réponse qui tienne un temps soit peu la route. Sa curiosité naturelle, qui dans un premier temps la voulait désireuse de ce qu'elle n'avait pas, mettait au centre de son désire ce qui à présent lui était refusé. Un simple nom, déjà beaucoup en soit.


« Était-ce nécessaire que l'on vous offre un nom si vous ne l'utilisez pas ?»

Sur le fond, ses paroles étaient sûrement les plus logiques et censées qu'elle n'avait pas prononcées depuis pas mal de temps. Pour continuer son spectacle, elle allait faire entrer en scène le meilleur des personnages, soit elle-même, et j'entends par là, qu'elle allait tout simplement se présenter à son tour, avant que son interlocutrice n'ait eu le temps de décliner son identité propre ou de lui demander la sienne.

« Du mien je n'ai pas peur d'user. Kaelig Ulster, GriseEpine de nom druidique, reformé en EpineGrise par soucis de démarcation.»

Dans le cercle druidique de sa région, la coutume voulait que les noms aient la forme ci-dessus. GriseEpine, MorteEpée, SombreZénith... Un adjectif qui précède un nom. Changer son nom était comme renié son origine, renié son art, renié son appartenance au groupe, ce qui était une chose parmi d'autre, mais surtout, plus grave, ne plus être reconnu par celui-ci. Lorsque ce beau matin l'envie lui avait pris de mettre l'Epine avec le Grise, elle était purement et simplement devenue une pariât, une renégate. Depuis ce jour, elle n'était druide que parce qu'elle était assez loin de chez elle pour être inconnue. Mais un titre reste un titre, et il ne vaut pas milles potions.

L'inconnue regardait son chaudron avec intérêt et n'hésita pas, en d'autres mots, à lui demander ce qu'était cette pseudo mascarade qui lui servait de stand, ce qu'elle y préparait.

Kae sourit, amusée. Elle avait oublié qu'il n'y avait pas de druides en Grèce... Et oui, même les meilleurs métiers du monde n'étaient pas universels...


« Question intéressante... D'où je viens l'on pense que faire une telle décoction nécessite la fin d'un cycle lunaire. Fort heureusement pour... nous tous disons... l'expérience m'a prouvée que l'achillée mille-feuilles gardait toutes ses vertus, même à quart de lune. Un excellent tonifiant et antispasmodique que l'on m'a commandé hier.»

Et l'acheteur devait passer à midi le chercher. Juste après, Kae prendrait ses cliques et ses claques et irait flâner au village suivant, en espérant que sa réputation de la précède pas.
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Frederik Graikòs

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MessageSujet: Re: [NARBONNAISE] La liberté, c'est d'obéir aux Dieux ...   Jeu 30 Sep - 20:31

La jeune fille des mers et des terres était ni naïve ni idiote. Elle ne comprenait pas encore toutes les subtilités de leur langue mais elle avait le mérite d’apprendre vite. Elle écouta donc avec attention ce qu’elle pouvait lui dire et prenait le temps d’y faire une réponse. Elle avait beau être une étrangère, elle n’était pas du genre à se laisser faire. Pour l’instant, elles n’étaient qu’en plein échange verbal. En gros, elles discutaient purement et simplement.

« La Grèce est le plus beau chòra que les dieux aient créés. Nos coutumes sont ce qui préservera le plus longtemps notre ánthropoi. Nous ne sommes pas parfaits mais j’aime mon pays et nos nisiá. »

Bien qu’elle faisait des efforts, elle n’arrivait pas à contrôler son accent ni ses expressions. Elle ne s’en formalisait pas, tant qu’on pouvait la comprendre bien sur. Et puis, on lui disait souvent qu’elle était si charmante qu’on oubliait bien vite ses petites erreurs qui n’étaient rien si on regardait de plus près. Pour l’heure, elle se sentait vraiment gênée face à la remarque qu’elle venait de lui faire. Elle se mordit doucement la lèvre et tenta de se rattraper au mieux.

« Sygnómi, j’ai perdu l’habitude de devoir me présenter alors votre question m’a étonné. Je me nomme Frederik… »

Elle eut une hésitation, courte mais importante quand on regardait la réponse qu’elle devait lui donner. Elle ne voulait pas donner le nom qu’elle avait hérité malgré elle de ses parents. Elle les avait fuit, elle avait fuit l’obligation de se marier mais elle ne voulait pas bafouer sa famille qu’elle continuait à respecter. Le respect des parents et des anciens était encré dans leur culture. L’étrange femme venait de lui parler de son pays qu’elle aimait tant, la Grèce. Elle eut une idée qu’il lui paraissait brillante. Il fallait en profiter et elle allait s’en inspirer. Et puis à l’oreille, ça sonnait assez bien.

« Je suis Frederik Graikòs… »

Elle préféra baisser à nouveau son regard vers le chaudron le temps de récupérer et comprendre les autres choses qu’elle lui disait. Elle trouva son nom joli, harmonieux et qu’il lui allait plutôt bien. Ce n’était pas donné à tout le monde. Comme elle par exemple. C’était à se demander ce qui était passé par la tête de ses parents à sa naissance. Un nom ancien lui avait-on dit, mais éloigné aussi des païens. Et elle était pourtant profondément païennes et aimait ses dieux.

« Kaelig… c’est nordique ? Je voyage depuis peu. Mais mon peuple n’est jamais allé dans les Vóreia Thálassa.
Vous êtes druide ? Donc ce que vous vendez sont des fíltro ? Je n’aurais jamais les moyens de m’en procurer une même si celle ci m’intéresse... »


Elle ne connaissait rien de son peuple et encore moins des druides. Elle avouait apprendre plus de chose depuis qu’elle avait quitté son île de Mykonos, plus que ce qu’avait pu lui apprendre ses sœurs et ses précepteurs. Elle se demandait de plus en plus en parlant avec cette femme si elle était si proche que ça des guérisseurs qu’elle pouvait connaître. A moins que les druides n’en soit pas si proche que ça au final. Elle ne pouvait le dire. Il aurait fallu qu’elle lui pose la question sur le sujet et qu’elle puisse lui expliquer avec des mots… simple !

Elle ne comprit donc aucune des explications qu’elle lui donnait sur sa préparation de potion. Elle avait beau savoir parler sa langue, il y avait quelques expressions qui lui échappaient, encore plus quand il s’agissait d’explications qui pouvaient tout autant lui échapper dans sa langue maternelle. Elle regardait d’un air à la fois intriguée et interrogateur les herbes qui brûlaient dans l’eau bouillonnante dans le chaudron et qui en laissait dégager à la fois des odeurs fortes et agréables. Ça lui rappelait les bouillons que leur préparait leur domestique. Il ne manquait plus que les carrés de viandes et les tranches de légumes et elles pourraient se mettre à table. Ou pas.


« Antispasmodique ? Je suis désolée, je ne comprends rien à tout ça… »

Souriant doucement, elle releva le regard vers cette femme qui semblait avoir une grande force de caractère, comparée à elle-même…
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Kaëlig EpineGrise

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MessageSujet: Re: [NARBONNAISE] La liberté, c'est d'obéir aux Dieux ...   Lun 4 Oct - 18:49

Elle semblait timide en soit. Nombre de fois elle avait baisé les yeux pour les fixer sur ce chaudron noir. Il était inconcevable qu'elle puisse trouvait un simple alliage de cuivre et d'étain plus intéressant qu'une interlocutrice qui, n'était nulle autre personne qu'elle, et de surcroît, était une des rares élues capables d'avoir introduit un monde machiste tel que celui du druidisme. Oui, il y avait des soldes chez Interflora aujourd'hui... [1] Dans tous les cas, au vue de la mini tirade qu'elle venait de tracer sur la Grèce, c'était une timide patriotique. Kae avait quelques bases en grec... Rien de plus, si bien que si les mots étaient sortis de leur contexte, elle n'en aurait pu deviner le sens.

Elle ne travailla pas sa réponse et répondit à l'instinct, comme à son habitude.


« Il n'y a pas si longtemps encore, nous disions la même chose de nos pays... Cornouailles, Cornwall, Kernow... Nous étions tous des puissances indépendantes, imparfaites, mais à nos yeux les plus magnifiques et fantastiques que la terre n'ait jamais vu. Et les Romains ont détruit ce rêve fabuleux d'un revers de la main. Aujourd'hui nos enfants s'annoncent fièrement descendants de Romes, mais aucun n'a en mémoire sa véritable origine. Nos coutumes se perdent, nos croyances se confondent aux autres... Nous ne sommes plus rien. La Grèce est romaine, ne vous méprenez pas sur son avenir. Il est semblable au notre.»


L'étrangère se présenta enfin. Elle n'en était plus une et un prénom ainsi qu'un nom se posaient sur ce visage. Frederik... Graikòs... De nouveau celle-ci baissa les yeux sur le chaudron. Kaelig avait conscience que sa présence et sa personnalité pouvaient être gênantes. Jusqu'à quelles mesures ? certaines ou incertaines... Le problème venait de son habitude à relever et surélever la vérité. Elle préférait dire : mettre en valeur les incertitudes et paradoxes, parce qu'elle était tout simplement sûre qu'aucune "vérité" n'était véritable. L'Homme n'atteignait que des mensonges, au mieux, des ébauches de l'absolu, et ceux qui recherchaient désespérement à la posséder n'étaient que des orgueilleux, mi-téméraires mi-fous, qui perdaient leur temps.

« Frederik.»

Elle eut un léger rictus facial -en soit : un sourire...

« Ce n'est pas courant comme nom. J'aime plutôt.
Oui, Kaelig est un prénom celte, mais qui ne m'était pas prédestinée... Il devait appartenir à l'héritier que mes parents n'ont jamais eu...»


Kaelig avait compris plus tard que la baptiser ainsi devait être interpréter comme une résignation à cet espoir. Lui passa à l'esprit l'idée, lorsque Frederik lui rappela que jamais les Grecs n'avaient mis les pieds dans le Nord, que si cela avait été le cas, elle aurait peut-être porté un autre nom, connue une autre vie, meilleure... ou pire.

« Il n'est pas forcément nécessaire de payer pour acheter mes produits...»

Elle était druide, pas commerçante. Et parfois, lorsque la personne lui était sympathique, elle se le rappelait, ainsi que son serment d'aider son prochain, dans la limite de ses moyens, et de faire honneur à son cercle, et bla et bla et bla... Bon, avouons le enfin, après tant de fausses paroles, elle cherchait tout simplement un moyen de garder un peu plus longtemps son interlocutrice. Allez savoir pourquoi...

Elle se retint d'exploser de rire lorsqu'elle lui avoua qu'elle n'avait pas compris ses explications. Kae' sembla hésiter quelques secondes, regarda à droite, puis à gauche, vérifiant qu'il n'y avait pas d'oreilles indiscrètes. Elle enjamba son étale et se posta juste en face de la Grecque, plongeant ses yeux dans les siens et la regardant de nouveau avec ce regard étrange, plein de malice, d'intérêt et de questionnement. Elle quasi chuchota.


« À vrai dire, moi non plus je n'y comprends rien...»

Elle haussa les épaules. On avait pas besoin de mots scientifiques pour faire des potions.

« C'est quelques mots que j'ai retenu par ici et par là. Ça vaut pas grand chose mais ça fait professionnel devant la foule. Ça l'impressionne. Ça fait vendre. Je ne suis pas capable de vous expliquer la moitié des mots que je prononce dans la journée... »

Elle inclina la tête sur le côté.

« Pour vous rassurer -ou pas, je sais quand même quand utiliser mes potions...»

Et la releva de nouveau.

« Maintenant, confidence pour confidence, vous voulez quoi, et pour quoi faire ? »

En d'autres termes, qu'est-ce que tu fous dans la vie pour avoir besoin de mes filtres ?

[1] Laughing j'te le dédicace Fred
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